Leçon 4: Les remises en cause de la politique budgétaire

Les effets d'éviction

L'effet d'éviction interne, source des débats monétaristes-keynésiens, met en opposition dépenses publiques et privées. Le graphique ci-dessous permet d'en comprendre l'explication macroéconomique.

Soit un modèle IS-LM en économie fermée: ΔG > 0 se traduit par Δr >0 qui passe de r1 à r2 qui a pour conséquence une diminution de l'investissement (ou de la dépense privée) qui est exprimé en fonction de cette variable; il y a donc compensation partielle qui limite l'impact positif de la politique budgétaire et peut même l'annuler lorsque LM est verticale.

Analyse graphique

Ainsi, le revenu passe de Y1 à Y2 au lieu de passer de Y1 à Y'1 (à taux d'intérêt constant). L'augmentation du taux d'intérêt résulte elle-même du mode de financement par émission de titres de la dépense additionnelle; en effet, à capacité donnée, le déficit budgétaire génère une demande accrue de financement et donc une hausse du taux d'intérêt.

D'ailleurs, un des moyens d'éviter cet effet d'éviction réside dans un financement monétaire du déficit qui se traduit par un déplacement de LM (accroissement de l'offre de monnaie) et un équilibre situé au point C.

D'autres auteurs font aussi référence, pour l'éviction interne, à un effet de substitution direct entre dépenses publiques et privées dans les fonctions de préférences des agents.

En tout état de cause, l'impact de la politique budgétaire est amoindri et la hausse du taux d'intérêt résultante à des effets néfastes sur l'économie.

Moins connu est l'effet d'éviction externe qui relie dépenses publiques et balance commerciale. Dans un modèle de type Mundell-Fleming, avec mobilité forte des capitaux, la dépense budgétaire additionnelle peut se traduire non pas par une variation du taux d'intérêt mais par une entrée nette de capitaux venant financer le besoin de l'Etat. Dans ce cas le taux d'intérêt domestique reste fixe.

Les entrées nettes de capitaux provoquent une demande excédentaire de la monnaie nationale et donc une appréciation de celle-ci. La demande excédentaire de B&S, générée par le déficit budgétaire et non supprimée par une augmentation du taux d'intérêt, est alors éliminée par l'appréciation, c.à.d. sur la composante externe de la demande (d'où le nom ‘'d'éviction externe'').

À long terme par contre, le taux de change devra se déprécier compte tenu, notamment, de la nécessité de dégager des surplus commerciaux afin de rembourser le service de la dette externe.

Il existe une autre explication de l'absence d'effet d'éviction interne: l'hypothèse d'équivalence ricardienne développée par Barro. Celle-ci implique que tout déficit public est assimilé à une augmentation future d'impôt pour financer le service de la dette; les agents accroissent alors leur épargne d'un montant équivalent au déficit budgétaire évitant ainsi l'apparition d'une contrainte de financement et donc l'augmentation du taux d'intérêt.

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