Les préférences individuelles et les choix collectifs
De ce qui vient d'être dit, il résulte qu'un problème se pose lorsqu'on veut déterminer une fonction sociale de bien-être et concilier les désirs individuels afin de parvenir à un apport sur un objectif collectif. L'économiste Américain K. J Arrow a défini quatre conditions minimales auxquelles les choix doivent satisfaire pour refléter les préférences individuelles.
Les choix sociaux doivent être logiques ou transitifs : si A est préféré à B et si B est préféré à C alors A doit être préféré à C ;
Les choix sociaux ne doivent pas être imposés par quelqu'un d'étranger à la collectivité ou par un membre quelconque de celle-ci autrement dit, ils doivent être démocratiques ;
Les choix sociaux ne doivent pas changer dans un sens opposé au choix des membres de la collectivité ;
Le choix entre deux possibilités A et B, doit uniquement dépendre des opinions des individus sur ces deux possibilités seulement, toute possibilité autre que A et B est exclue de la décision.
Or, Arrow a montré qu'il est impossible de choisir entre toutes les possibilités alternatives qui se présentent sans violer au moins l'une de ces quatre conditions.
Le théorème d'impossibilité d'Arrow
Si un processus de décision sociale satisfait les 4 propriétés, il doit s'agir d'une dictature. Tous les classements sociaux correspondent dans ce cas aux classements effectués par un seul individu. Il montre qu'il n'existe pas de méthode parfaite pour agréger les préférences individuelles afin d'obtenir un système des préférences sociales. Il indique que les propriétés sont incompatibles avec un système démocratique.
Imaginons une société réduite à trois membres I, II et III dans laquelle un choix social doit être effectué entre les trois possibilités, A B et C. Il est supposé que les trois individuels sont rationnels et leurs préférences sont transitives. Chacun émet un vote en affectant 3 à la possibilité qu'il préfère, le coefficient 2 à la seconde et le coefficient 1 à la troisième. Le résultat du vote est le suivant
On constate que les individus I et III préfèrent A et B, que I et II préfèrent B à C et que II et III préfèrent C à A. Par conséquent, la majorité préfère A à B et B à C, mais elle préfère aussi C à A. Ce qui n'est pas logique. Dans une hypothèse de ce genre, le choix social ne peut pas être à la fois rationnel et démocratique.
Supposons maintenant que le choix social porte sur deux hypothèses alternatives, A et B, par exemple la construction d'un pont ou d'un tunnel reliant Marcory à Cocody et admettons qu'à égalité des coûts, la moitié des membres de la société préfère le pont et l'autre le tunnel. La quatrième condition exige que la décision qui sera prise ne soit pas influencée par le fait que les partisans du pont estime que la construction est le plus urgent des projets en cours, tandis que les partisans du tunnel pensent qu'il serait beaucoup plus important de construire d'abord des écoles et des hôpitaux. Le refus de prendre en considération ces autres possibilités est évidemment contestable. Il est en partie ainsi parce que l'expression des désirs des nombres de la société fournit un ordre de préférence qui ne tient pas compte de l'intensité des désirs.






