historique et caractéristiques de la bourse
Cette section décrit la bourse, les types de marché et d'ordre, et les modalités de règlement après avoir présenté l'historique de la bourse.
Historique
Avant le marché financier, il y'a eu la bourse. La bourse est le terme courant par lequel on désigne un marché réglementé. La bourse des valeurs est un marché officiel ou se négocie des valeurs mobilières telles que action, obligation, warrant, etc. La bourse est une institution très ancienne. Les Romains avaient déjà organisé un marché d'effets de commerce et de devises. Au moyen âge à Bruge, en Belgique un marché des échanges se tenait dans l'hôtel de la famille Van der Burse. C'est de là que vient le terme de bourse. L'hôtel particulier de cette famille tient le rôle de première bourse de la ville au 14ème siècle. En France, le 1er marché organisé apparait à Lyon dès 1595.
Le Rôle de la bourse et son fonctionnement
Les bourses de valeurs ou marchés financiers sont des lieux où s'échangent différents produits financiers. Parmi ceux-ci, les plus connus sont les actions et les obligations. Cependant, nous verrons plus tard qu'il existe une multitude d'autres produits (options, warran La Bourse joue le double rôle d'être à la fois un lieu de financement pour les entreprises (émission d'actions ou d'obligations) mais également un lieu de placement (investisseurs). C'est pour cette raison que le marché boursier est scindé en deux sous marchés qui sont respectivement le marché primaire et le marché secondaire. Le rôle du marché primaire est d'organiser la rencontre de sociétés cherchant à financer leur développement et des détenteurs de capitaux. Le marché secondaire tient plutôt le rôle du marché de l'occasion où les différents intervenants peuvent s'échanger les titres, c'est ce marché qui est bien sur le plus actif puisqu'il s'échange des milliards de dollars par jour à la bourse de New York. La bourse joue donc un rôle primordial dans l'économie contemporaine. Les entreprises y trouvent une partie des capitaux nécessaires à leur expansion tandis que l'Etat y finance le déficit de ses comptes.
À l'origine, la Bourse était un marché supposé ouvert à quiconque souhaitait vendre ou acheter; la Bourse de Paris fut certainement érigée dans cet esprit, et siégea dans un édifice construit aux frais du public. Mais bientôt on réalisa que, pour homologuer ces contrats, il fallait un organisme officiel. C'est ainsi que les personnes autorisées à exercer en Bourse furent limitées à certaines catégories d'opérateurs, ce sont les sociétés de bourse qui sont les intermédiaires obligés pour opérer en bourse. En effet, un particulier ne peut pas intervenir directement sur le marché, il doit obligatoirement transmettre ses ordres à un intermédiaire financier (société de bourse, établissement financier).
Au contraire des marchés de gré à gré (‘'forward'' ou ‘'futures'') sur lesquels les échanges s'effectuent par accord bilatéral entre un acheteur et un vendeur, la bourse est un marché réglementé qui organise:
La liquidité, c'est à dire la facilité des échanges par la concentration du plus grand possible d'ordres d'achat et de vente.
L'égalité entre tous les intervenants par la transparence et l'accès instantané au marché.
La sécurité, par la garantie que les acheteurs seront livrés et les vendeurs payés à date déterminée.
Enfin, la bourse en tant qu'instrument de placement permet aux particuliers de devenir les associés des plus grandes entreprises privées industrielles et commerciales par le biais des actions. De même, on peut devenir les créanciers de ces sociétés et de collectivités publiques comme l'Etat et les grandes entreprises nationales en achetant des obligations, bons de souscription...) dont le nombre n'est limité qu'à l'imagination des financiers.
Les types de marché
Toutes les entreprises qui rentrent en bourse ne sont pas comparables. En effet, à côté des poids lourds de la côte qui pèsent des centaines de milliards, on trouve des PME familiales de capitalisation modeste. De plus, les produits négociables en bourse sont de natures différentes. Par conséquent, plusieurs compartiments de cotation ont été créés. Les actions se répartissent en divers compartiments d'inscription à savoir le premier marché, le second marché, le nouveau marché et le marché libre. Quant aux obligations, elles sont négociées sur un compartiment distinct appelé le compartiment obligataire.
Ces différents compartiments boursiers se distinguent, généralement, par les conditions d'admission. Suivant les compartiments, ces conditions sont plus ou moins restrictives.
Le premier marché, par exemple, ne concerne que les grandes sociétés, la part du capital placé par les entreprises sur ce marché doit être supérieure à 25% de leur capital et les règles concernant l'information financière des actionnaires sont plus drastiques que sur les autres marchés de la cote. Cependant cela entraîne un gage de sécurité pour l'investisseur notamment en ce qui concerne la liquidité des titres qui est très importante.
L'admission au second marché est un peu plus souple (au moins 10% du capital dans le public); Ce qui permet à des entreprises de taille plus modeste d'accéder à la bourse. Le nouveau marché est plus spécialement dédié aux valeurs à forte croissance telles que celles des secteurs de l'informatique, les biotechnologies, Internet, etc. Enfin, le marché libre n'a pas réellement de conditions d'admission; ce qui permet aux sociétés de s'acclimater à la bourse sans trop de contraintes. Cependant, ce compartiment ne bénéficie pas des mêmes conditions de transparence que les autres marchés et souffre d'une défiance des investisseurs.
En ce qui concerne les procédures d'introduction, on en rencontre également plusieurs. Il y a essentiellement la procédure ordinaire, la mise en vente et l'offre publique de vente (OPV).
Les modalités de règlement
Le Règlement Mensuel, spécificité française, s'est éteint le 25 septembre 2000. Avec cette disparition, le mode de transaction a été généralisé au comptant pour tous les marchés. Cette décision est née de plusieurs facteurs et notamment des objectifs de modernisation et de convergence des différents marchés européens. Paris étant le seul à utiliser ce mode de règlement, cette modification répond à une harmonisation des procédures des bourses européennes en vue de la création d'une bourse pan-européenne.
Cependant, un système palliatif a été mis en place. Il s'agit du Service de Règlement Différé (SRD). Ainsi, ce système cohabite avec le système au comptant qui est la norme dans lequel le règlement des titres et leur livraison est simultané. Par contre, le SRD permet de négocier à terme c'est à dire qu'il y a un décalage entre le jour de la négociation (achat ou vente) et le jour de règlement ou de livraison des titres. En effet, pour permettre aux actionnaires qui souhaitent différer le règlement de leur opération de retrouver les joies de l'effet de levier et du règlement différé, les intermédiaires financiers ont proposé le SRD comme un palliatif.
Quelles valeurs pour le SRD ?
Le SRD n'est pas autorisé sur toutes les valeurs. Il concerne uniquement les principales sociétés françaises et étrangères négociées à Paris. Ces valeurs sont dites les plus "actives" de la cote, c'est à dire que ce sont celles qui ont le plus fort volume de transactions et ce quel que soit leur marché d'appartenance (Premier Marché, Nouveau Marché, etc.). Les autres seront obligatoirement négociées au comptant. C'est avec 40 valeurs de ce marché qu'est calculé le CAC 40.
Alors que le règlement différé ne concernait que les valeurs du Règlement Mensuel, le SRD s'intéresse à d'autres critères pour leur éligibilité à ce nouveau règlement. Il s'agit de ce que:
- Les valeurs doivent appartenir à l'indice SBF120;
- Leur capitalisation doit dépasser 1 milliard d'euros;
- Le volume quotidien de transactions doit excéder un million d'euros.
Par conséquent des valeurs du Nouveau ou Second Marché feront leur apparition au SRD. Dès qu'une valeur remplira les conditions requises elle fera son entrée au SRD quatre semaines plus tard, par contre les éventuels retraits ne se feront qu'une fois l'an.
Le mécanisme du crédit
Sur le SRD, comme son nom l'indique, le dénouement des opérations (paiement pour des achats ou encaissement pour des ventes) ne se fait qu'à la fin du mois boursier.
En d'autres termes, vous pouvez acheter et vendre la même action durant le mois boursier sans avoir à débourser des liquidités. Vous encaisserez des liquidités si le prix de vente est supérieur au prix d'achat, et vous paierez si le prix d'achat est supérieur au prix de vente. Ce qui veut dire aussi qu'entre la date d'achat et la date de vente vous avez bénéficié d'un crédit (car le jour de l'achat vous n'avez pas payé les titres). Si vous voulez réellement acheter les titres, vous ne les paierez qu'à la fin du mois. "Malheureusement", mais c'est la règle, ceci est vrai dans l'autre sens, vous ne serez payé qu'à la fin du mois si vous en vendez. Le coût de ce crédit est calculé par chaque intermédiaire financier (Broker, Banque ou Société de Bourse).
Si vous souhaitez bénéficier du report de paiement, vous devez spécifier lors du passage de votre ordre : ordre avec service de règlement différé (SRD).
La couverture
Un autre gros avantage du SRD, c'est la notion de couverture qui permet d'acheter des titres pour une valeur supérieure au montant de ses liquidités, mais cela dans une certaine limite. Chaque actif financier que vous détenez, vous apporte une couverture plus en moins forte en fonction de sa nature. Cette limite répond aux règles suivantes:
Tableau : répartition des actifs selon leur nature, le taux de couverture et l'effet levier
Exemple :
admettons qu'à un instant t, la composition de votre portefeuille soit la suivante: vous détenez 40 000 Euros en espèces et 50 000 Euros en actions achetées ferme et 10 000 Euros d'obligations.
L'engagement maximal que vous pouvez prendre sur le marché (couverture) s'élève à 40 000 X 5 + 50 000 X 2,5 + 10 000 X 4 soit 365 000 Euros.
Cela signifie que vous pouvez, avec votre portefeuille de 100 000 Euros acheter ou vendre à découvert jusqu'à 365 000 Euros d'actions sur le marché.
Attention, en utilisant l'effet de levier maximum, si vous gagnez 5% (pour une position de 365000 Euros cela fait 18 250 Euros de gains) tout va bien. Mais si vous perdez 5% (pour une position de 365 000 Euros cela fait 18 250 Euros aussi), ils seront déduits de vos liquidités et de ce fait le montant de vos engagements diminuera d'autant.
Dans notre cas, votre compte espèces serait de 21 750 Euros (soit 40 000 Euros - 18 250 Euros de moins-values potentielles); ce qui donne une couverture de :
21 750 X 5 + 50 000 X 2,5 + 10 000 X 4 = 273 750 Euros
C'est à dire que votre position est supérieure de 91 250 Euros (365 000 - 273 750) au montant maximum de votre engagement. Dans ce cas, votre établissement financier est en mesure de vous demander soit d'alléger votre position en vendant des actions, soit d'augmenter votre couverture.
Dans notre cas 3 possibilités s'offrent à vous :
Vous vendez pour 40 000 Euros d'actions que vous avez réellement dans votre portefeuille. Votre couverture devient: (21 750 Euros+40 000 Euros) X 5 + 10 000 X 2,5 + 10 000 X 4 = 373 750 Euros. Ainsi, votre couverture est redevenue positive par le seul jeu de l'arbitrage entre vos différents actifs.
Vous créditez votre compte liquidités de 20 000 Euros, ce qui vous apporte 100 000 Euros de couverture supplémentaire.
Vous allégez votre position d'engagement d'environ 100 000 Euros.
Les types d'ordres
Il existe plusieurs façons de passer ses ordres en bourse. Il est important de bien les comprendre car chaque type d'ordre a sa particularité et peut empêcher de commettre de coûteuses erreurs.
Ordre “A cours limité” (limit order) : Avec cet ordre, les achats sont effectués à un prix maximum et les ventes à un prix minimum.
Par exemple, supposons que vous vouliez vendre une action X. Vous passez un ordre de vente à cours limité à 100 euros et vous êtes certains que l'action sera vendue au minimum à 100 euros. Mais, l'ordre ne sera pas exécuté si l'action cote moins de 100 euros. Inversement, si vous passez un ordre d'achat à cours limité à 70 euros, votre ordre ne sera exécuté qu'à 70 euros maximum. Cet ordre permet de ne pas payer trop cher et de ne pas vendre à un prix trop faible.
Conseil : N'hésitez pas à vous placer à 70,1 euros plutôt qu'à 70 euros où tout le monde s'est déjà placé.
Ordre au “Prix du marché” (market order) : L'ordre au "Prix du marché" correspond à un ordre au cours actuel. Dés son arrivé sur le marché, il se transforme en ordre "A cours limité" (cours = cours de la première confrontation).
Conseil : N'hésitez pas à négocier le tarif de cet ordre avec votre broker : il leur coûte moins cher en gestion.
Ordre “A tout prix” : L'ordre "à tout prix" consiste à acheter ou vendre une action à n'importe quel prix. On est ainsi certain de réaliser son opération : cet ordre est prioritaire sur les autres ordres. Mais cela peut parfois amener à acheter très cher ou à vendre à un prix très faible.
Conseil : N'hésitez pas à négocier le tarif de cet ordre avec votre broker car il leur coûte moins cher en gestion.
Ordre “Tout ou rien” (all or nothing) : Cet ordre ne peut être fractionné (on vend la totalité de ses titres ou rien du tout) et peut être assorti d'une limite de prix. On peut ainsi donner un ordre de vente tout ou rien d'une ligne entière de titres à 85 euros par exemple.
Conseil : Ordre inefficace sur un titre peu liquide.
Ordre “Stop à seuil de déclenchement” (stop order) : Ce type d'ordre, appelé aussi ordre stop, permet de profiter ou de se protéger contre un retournement de tendance. Pour cela, il suffit de fixer un seuil à partir duquel on souhaite acheter ou vendre des actions.
Exemple :
Par exemple, l'action Air France vaut 17 euros. L'actionnaire qui souhaite sauver sa mise en cas de correction peut passer un ordre de vente dit "stop" à 15 euros. Si l'action vient toucher ce seuil, son ordre de vente sera pris en compte et exécuté à n'importe quel prix.
Remarque :
Ce type d'ordre est utilisé par les day-traders comme une sécurité en cas de retournement brutal du marché.
Ordre “Stop à la plage déclenchement” (stop limit order) : Ce type d'ordre permet d'affiner ses conditions. L'actionnaire fixe deux bornes entre lesquelles il est prêt à vendre ses actions ou, le cas échéant, à en acheter.
Exemple :
Par exemple, le cas d'Air France que nous évoqué plus haut. L'investisseur craint un repli de l'action durant ses vacances. Il peut passer un ordre à plage de déclenchement à 15-15,5 euros. L'ordre de vente sera actif dès que l'action enfoncera le seuil des 15,5 euros, mais sera désactivé au-dessous de 15 euros. L'actionnaire maîtrise son prix de vente, mais l'ordre peut être exécuté partiellement. C'est la contrepartie de la sécurité.
Attention : la durée de validité de vos ordres est aussi à préciser. Il en existe en effet de plusieurs sortes : l'ordre jour (exécutable seulement dans la journée), l'ordre à date déterminée (le donneur d'ordres choisit la date limite de validité de son ordre) et l'ordre à révocation (valable jusqu'à la séance de la liquidation générale).
Remarque : A côté des ordres ordinaires, il peut y avoir des ordres de blocs lorsque la quantité de titres offerts à l'achat ou la vente dépasse largement la quantité journalière usuellement échangée et que le prix offert est en dehors du marché. L'échange de bloc ne porte que sur des titres précis et pour une quantité donnée et sera supervisé par les autorités boursières. Mais il doit aussi se porter contrepartie au prix proposé des ordres présent sur le marché.






