Théorie du capital humain, éducation et croissance
Le capital humain est l'ensemble des aptitudes, talents, qualifications, expériences accumulés par un individu et qui déterminent en partie sa capacité à travailler ou à produire pour lui-même ou pour les autres.
Les notions du capital humain et de rendement de ce capital permettent d'interpréter le différentiel de revenus salariaux et les facteurs résiduels de la croissance économique.
L'investissement dans le capital humain est au cœur des stratégies mises en œuvre par de nombreux pays pour promouvoir la prospérité économique, l'emploi et la cohésion sociale.
Le concept de « capital humain » est un concept économique introduit par Theodore W. Schultz (1959) (prix Nobel d'économie en 1979), puis précisé par Gary Stanley Becker (1964) prix Nobel d'économie en 1992. Certains le font remonter aux travaux d'ADAM SMITH au XXVIIIe siècle.
NOTE SUR LE CONCEPT DU CAPITAL HUMAIN
En économie de l'éducation, on définit le capital humain comme « les connaissances, qualification, compétences et autres qualités personnelles possédées par un individu intéressant l'activité économique ». L'investissement dans le capital humain procure donc des avantages aux individus, aux entreprises et aux sociétés. Ces avantages peuvent être de nature économique et prendre la forme d'un supplément de gains, de productivité ou de croissance économique.
L'investissement en capital humain fournit également un vaste éventail d'avantages qui ne sont pas d'ordre économique, notamment accroissement de la cohésion sociale, une diminution de la délinquance et une amélioration de l'état sanitaire.
On peut considérer les dépenses d'éducation, de santé et de formation comme des facteurs de croissance dans la mesure où elles accélèrent l'accumulation de capital humain, les théories de la croissance endogène, mettent ainsi en exergue le rôle économique de l'Etat. Celui-ci est en effet l'agent le plus habilité pour réaliser ce type de dépenses qui jouent un rôle important dans le processus de croissance endogène, selon le modèle de Solow.
Modèle de croissance exogène
Dans “A Contribution to the Theory of Economic Growth” en 1956, Solow fonde la théorie qui deviendra par la suite la base du modèle de croissance exogène, dont la paternité est partagé entre Solow et Trevor Swan qui est arrivé aux mêmes conclusions que celui-ci en travaillant indépendamment. L'intérêt de son modèle est de mettre en avant le rôle crucial du progrès technique dans la croissance économique. Selon ce modèle, le développement économique s'explique par trois paramètres : les deux premiers sont l'accroissement des deux principaux facteurs de production - à savoir le capital (au sens d'investissement) et le travail (quantité de main d'œuvre), et le troisième le progrès technologique.
Les recherches économétriques pour cette analyse sont basées sur la fonction de production de Cobb-Douglas
y=F(K,L)=AKa.L1-a ; a est la part contributive du capital et 1-a est la part contributive du travail. La croissance de la production est une somme pondérée de la croissance de la quantité de travail employée, de la quantité de capital utilisée, et d'un ensemble d'effets non liés à la variation des quantités de facteurs.
dY/Y = adK/K + (1-a)dL/L + dA/A.
Les deux premières composantes relèvent de la croissance extensive, la dernière de la croissance intensive. Cette dernière partie ne peut se mesurer que comme un résidu statistique.
En 1957 Robert Solow estime à 90% la part de la croissance aux USA pendant la période 1909-1949 qui ne serait pas imputable au travail et au capital.
En 1987, il a reçu le « Prix Nobel » d'économie pour son travail sur la théorie de la croissance.
P. Denison relativisa le constat de Solow en 1976 en essayant de prendre en compte la qualité du travail et du capital, pour conclure cependant à une contribution importante du “facteur résiduel” (30%).
En France Paul Dubois a publié d'autres résultats pour la période 1896 - 1984 : pour chaque période la taille du résidu inexpliqué est importante. Pour 1929-1951 et 1973-1984 elle représente une croissance égale à celle du PIB. En 1972, Jean-Jacques Carré, Paul Dubois et Edmond Malinvaud concluent à une contribution allant de 0,85% à 3,1% de croissance selon les périodes, et plus de 2% pour 1951-1973.

Modèle de croissance exogène
La diffusion progressive des innovations technologiques et plus précisément les travaux de Romer (1986, 1987, 1990) sont à l'origine des théories de la croissance endogène. Cette dernière est assimilée à un phénomène auto-entretenu par accumulation de quatre facteurs principaux : le capital physique, la technologie, le capital humain et le capital public.
Contrairement aux approches néoclassiques, Romer reconnaît cependant que le marché ne suffit pas à assurer une croissance maximale à long terme.
L'Etat a un rôle important à jouer.





