Les intermédiaires financiers et leurs rôles
Les intermédiaires financiers sont des entreprises dont l'activité principale consiste à fournir des services et produits financiers, de façon plus efficace que si les clients faisaient eux-mêmes leurs transactions sur les marchés financiers. Ces institutions regroupent des banques, des compagnies financières et des compagnies d'assurances. Leurs produits incluent les comptes bancaires, des prêts commerciaux, des prêts immobiliers, des SICAV, des FCP ainsi qu'une grande variété de contrats d'assurances.
Activité d'apprentissage 1 :
Titre de l'exercice : LES INTERMEDIAIRES FINANCIERS ET LEURS RÖLES
Mise en contexte : Recherche des intermédiaires financiers de votre pays
Type : Rédactionnel
Question : Citez les intermédiaires financiers existants dans votre pays en énumérant leeurs
rôles dans l'économie
Solution :
Les banques

Les premières banques sont apparues pendant la renaissance en Italie. Leur objectif principal était d'assurer le règlement des paiements, pour faciliter le commerce des biens et services qui commençait à se développer à cette époque en Italie (le mot banque vient en effet de banca, mot italien désignant le banc sur lequel les agents changeaient l'argent).
Aujourd'hui, la plupart des banques ont au moins deux fonctions : elles prennent de l'argent en dépôt et consentent des prêts. On les appelle des banques commerciales (on parle aussi de banques à guichets, ou de banques en réseau).
Dans les pays développés, les banques sont des intermédiaires financiers qui proposent quasiment tous les services financiers possibles : des prêts, des dépôts, des interventions sur les marchés financiers, des contrats d'assurance, des placements en OPCVM. On parle de banques universelles (du fait qu'elles proposent quasiment les services des autres intermédiaires financiers spécialisés). Le CREDIT LYONNAIS ou LA DEUTSCHE BANK par exemple sont considérées comme des banques universelles alors qu'elles ont les mêmes branches d'activités que MERRIL LYNCH qui est pourtant considérée comme une banque d'affaires.
Les banques d'affaires sont des firmes dont l'activité est d'aider les entreprises, les gouvernements, et d'autres organismes, à émettre des titres pour trouver les fonds nécessaires à leur développement. Les banques d'affaires s'occupent aussi des fusions et acquisitions entre sociétés, soit en tant que conseil, soit en tant qu'initiateur de l'opération.
Les caisses d'épargne
Les caisses d'épargne (ou banques d'épargne ou associations d'épargne et de crédit selon les appellations dans les différents pays) étaient à l'origine des établissements publics ou mutuels se limitant à la gestion de comptes d'épargne et de prêts simples pour les particuliers (par opposition à une clientèle d'entreprises ou de professionnels). Dans la plupart des pays ce n'est plus qu'une appellation historique conservée par ces établissements financiers qui sont devenus des banques à part entière aux activités et clientèles très diversifiées, mais à statut de coopérative les classant dans le secteur de la banque mutualiste
Les compagnies d'assurances
Les compagnies d'assurances sont des intermédiaires financiers dont la première fonction est de proposer des contrats (ou polices) d'assurance aux entreprises et aux ménages moyennant le paiement d'une prime. Ces contrats réduisent le risque des contractants, car ceux-ci savent qu'ils seront dédommagés si certains sinistres spécifiques leurs arrivent (assurance vie, assurances automobiles, assurances invalidité, assurances incendies...)
Les fonds de pension et les caisses de retraite
La présence et le fonctionnement, de fonds de pension et de caisses de retraite dépend du régime de retraites dans le pays considéré. On peut distinguer deux types de régimes de retraites : les régimes par répartition (majoritairement utilisé en Europe) et les régimes par capitalisation (utilisé aux USA). Dans le premier cas, le principe est que les salariés en activités financent les retraites des salariés qui ne sont plus en activité (les retraités). Le second système consiste pour chaque individu à épargner tout au long de sa vie et à placer cette épargne, de telle sorte que les fruits de ce placement serviront à payer la retraite du salarié le jour ou celui-ci ne sera plus en activité.
Les OPCVM
Un OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs mobilières) est un organisme qui collecte les fonds d'un groupe d'investisseurs (par exemple des ménages) et place ces fonds dans un portefeuille diversifié. Les SICAV (Société d'Investissements à Capital Variable), les FCP (Fonds Communs de Placement) sont des OPCVM. Chaque investisseurs a droit à un nombre de parts correspondants à son apport, et peut revendre ces parts à tout moment à leur valeur de marché.
L'organisme qui gère ses fonds connait les apports de chacun, et réinvestit les bénéfices en fonction des règles de fonctionnement du fonds.
Les sociétés de capital-risque
Les sociétés de capital-risque (ou de capital développement) ont la même activité que les banques d'affaires mais leurs clients sont des sociétés en création, au lieu d'être des grands groupes. Des entreprises jeunes, avec des dirigeants peu expérimentés, ont souvent autant besoin de conseils de gestion que de capitaux. Les sociétés de capital-risque fournissent les deux.
Les gestionnaires de patrimoine
Les gestionnaires de patrimoine donnent des conseils d'investissement aux particuliers, aux entreprises et aux gouvernements, et gèrent aussi souvent des OPCVM. Ces gestionnaires peuvent être des sociétés indépendantes, ou bien des départements d'une firme, par exemple d'une banque, d'une compagnie d'assurance, une société de bourse.
Les sociétés d'information financière
La plupart des sociétés de services financiers fournissent de l'information financière, comme support de leurs métiers, mais il existe aussi des entreprises qui se spécialisent uniquement dans la fourniture d'informations économiques et financières. Il s'agit des :
agences de notation (rating) comme MOODY'S et STANDARD & POOR' S pour les titres, et BEST'S pour les compagnies d'assurances
fournisseurs d'analyse des données financières publiées (BLOOMBERG, REUTERS) ou de statistiques de performances de fonds de placement (LIPPER, MORNING STAR)
Les organismes publics et parapublics
L'Etat a, entre autres taches, la responsabilité de réguler le système financier. Cette régulation peut être déléguée pour partie à des organismes privés, comme des associations professionnelles ou les marchés financiers (Securities Exchange Commission aux USA, Autorité des Marchés Financiers en France, BRVM).
En plus de ce rôle de régulateur, les gouvernements utilisent aussi le système financier pour poursuivre d'autres buts de politique économique (politique monétaire, par exemple, pour atteindre des objectifs en termes de croissance économique ou d'emploi).
Nous allons décrire quelques organismes publics et parapublics et montrer par là même leur rôle dans la politique économique
Les banques centrales :
Les banques centrales sont des intermédiaires dont la fonction principale est de réaliser les objectifs de la politique publique en jouant sur des paramètres comme l'offre de monnaie. Elles fournissent l'offre de monnaie et gère les systèmes de paiement et de compensation entre banques. Elles se préoccupent donc de la stabilité monétaire (qu'elles considèrent souvent comme leur principal objectif) mais aussi de la politique de l'emploi et de la croissance économique.
Les intermédiaires financiers spécifiques :
Cette catégorie regroupe les organisations spécifiques qui ont été créées pour développer certaines activités économiques spécifiques, pour aider au financement des personnes ou pour le développement des titres de dettes de toutes sortes : par exemple, des organismes publics qui font des prêts ou garantissent ces prêts (aux agriculteurs, étudiants, PME...)
Les organisations internationales ou mondiales :
Il existe plusieurs organisations dont le but est de coordonner les politiques financières des différents pays. On peut citer :
La Banque des règlements internationaux (BRI), (Bank for International Settlements en anglais ou BIS) a été créée en 1930. C'est la plus ancienne institution financière internationale. Son statut juridique est celui d'une société anonyme, dont les actionnaires sont des banques centrales. Elle est située à Bâle en Suisse, et surnommée la « banque centrale des banques centrales » (encore que cette appellation soit parfois utilisée aussi pour le FMI).
La BRI a comme fonctions :
de servir de pivot pour les systèmes de transactions monétaires internationales ;
d'être l'organisme de coordination entre les grandes banques centrales du monde, lesquelles en sont les actionnaires et forment son conseil d'administration.
Elle prépare des accords au niveau de son comité de Bâle qui précisent un certain nombre de règles prudentielles (ratio de solvabilité, etc.) applicables à l'ensemble des banques commerciales de la planète : les Accords de Bâle, dont les derniers, les accords de Bâle III.
La réunion mensuelle du conseil d'administration, où se rencontrent les gouverneurs des grandes banques centrales, permet aussi une coordination informelle des politiques monétaires des grands pays.
Enfin, la BRI centralise la collecte et assure la publication de nombreuses données statistiques sur l'activité bancaire et les marchés financiers.
Le Fonds monétaire international (FMI) a été créé en 1944 et devait à l'origine garantir la stabilité du système monétaire international, dont l'écroulement après le krach de 1929 avait eu des effets catastrophiques sur l'économie mondiale. Après 1976 et la disparition d'un système de change fixe, le FMI a hérité d'un nouveau rôle face aux problèmes d'endettement des pays en développement et à certaines crises financières
Le FMI est maintenant une institution internationale regroupant 187 pays, dont le rôle est de « promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d'emploi, à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté».
Le FMI a ainsi pour fonction d'assurer la stabilité du système monétaire international et la gestion des crises monétaires et financières. Pour cela, il fournit des crédits aux pays qui connaissent des difficultés financières telles qu'elles mettent en péril l'organisation gouvernementale du pays, la stabilité de son système financier (banques, marchés financiers), ou les flux d'échanges de commerce international avec les autres pays.
Lors d'une crise financière, pour éviter qu'un pays ne fasse « défaut » (c'est-à-dire que ce pays ne puisse plus rembourser ses créanciers, voire ne plus payer ses dépenses courantes), le FMI lui prête de l'argent le temps que la confiance des agents économiques revienne. Le FMI conditionne l'obtention de prêts à la mise en place de certaines réformes économiques visant de manière générale à améliorer la gestion des finances publiques et une croissance économique équilibrée à long terme.
La Banque mondiale (parfois abrégée BM) regroupe deux institutions internationales : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l'Association internationale de développement (AID, ou IDA), créées pour lutter contre la pauvreté en apportant des aides, des financements et des conseils aux États en difficulté.
Son siège est à Washington. Le président est élu pour cinq ans par le Conseil des Administrateurs de la Banque. Elle fait partie des institutions spécialisées du système de l'Organisation des Nations unies (ONU).
Elle fut créée le 27 décembre 1945 sous le nom de Banque internationale pour la reconstruction et le développement après signature de l'accord Bretton Woods du 1er au 22 juillet 1944. Le 9 mai 1947, elle approuva son premier prêt, qui fut accordé à la France pour un montant de 250 millions de dollars (en valeur actualisée, il s'agit du plus gros prêt consenti par la Banque).
La Banque mondiale a été créée principalement pour aider l'Europe et le Japon dans leur reconstruction, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, mais avec le mouvement de décolonisation des années soixante, elle se fixa un objectif supplémentaire, celui d'encourager la croissance économique des pays en voie de développement africains, asiatiques et latino-américains.
Au départ, la Banque mondiale a principalement financé de grands projets d'infrastructures (centrales électriques, autoroutes, aéroports...). Avec le rattrapage économique du Japon et de l'Europe, la Banque mondiale s'est intéressée exclusivement aux pays en développement. Depuis les années 1990, elle finance aussi les pays postcommunistes.
Elle collecte les fonds nécessaires dans en émettant des obligations dans les pays développés, puis sélectionne les projets d'investissements qui répondent à certains critères de développement économique, et prête de l'argent pour financer ces projets.
Les objectifs de la Banque mondiale ont évolué au cours des années. Elle a récemment mis l'accent sur la réduction de la pauvreté, en délaissant l'objectif unique de croissance économique. Elle favorise aussi la création des très petites entreprises. Elle a soutenu l'idée que l'eau potable, l'éducation et le développement durable sont des facteurs essentiels à la croissance économique, et a commencé à investir massivement dans de tels projets. En réponse aux critiques, la Banque mondiale a adopté une série de politiques en faveurs de la sauvegarde de l'environnement et du social, visant à s'assurer que leurs projets n'aggravaient pas le sort des populations des pays aidés. En dépit de ces politiques, les projets de la Banque mondiale sont souvent critiqués par les organisations non gouvernementales (ONG) pour ne pas lutter efficacement contre la pauvreté, et négliger les aspects sociaux et environnementaux.
L'appellation Groupe de la Banque mondiale désigne depuis juin 2007 cinq institutions :
la plus importante est la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), son fonctionnement est assuré par le versement d'une cotisation réglée par les États membres,
l'Association internationale de développement (AID), fondée en 1960, ses prêts sont réservés aux pays les moins développés,
la Société financière internationale (SFI), fondée en 1956, pour financer les prêts et les investissements réalisés par les entreprises dans les pays à risque,
le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), fondé en 1966,
l'Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI), fondée en 1988, pour la sécurisation des prêts.
Les marchés financiers
Nous nous contentons ici de faire que quelques rappels (pour plus de détails voir notre cours sur « l'intégration internationale des marchés financiers »)
Puisque certains agents économiques investissent plus qu'ils n'épargnent tandis que d'autres épargnent plus qu'ils n'investissent, il est nécessaire que s'organisent des marchés des un vers les autres. Ces transferts : offre de capitaux (épargne) et demande de capitaux (investissement) vont se rencontrer sur le marché de capitaux. Le marché de capitaux se compose de trois branches : le marché monétaire ; le marché de crédit et le marché financier.
Du point de vue conceptuel, le marché financier se divise en deux parties : le marché primaire (marché du neuf) et le marché secondaire (marché de l'occasion).
L'investisseur ayant acquis des titres sur le marché primaire peut se retrouver confronté à deux contraintes liquidité et mobilité. Ces contraintes sont levées par l'existence du marché secondaire ou bourse des valeurs mobilières.
Il est à noter que ce marché n'apporte pas des ressources aux entreprises mais permet simplement de rendre liquides et mobiles les titres émis sur le marché primaire. De la santé et de l'efficacité de ce marché dépendra le bon fonctionnement du marché primaire et donc de l'économie en général.
Pour faire simple, on peut dire que les intermédiaires financiers sont avant tout des médiateurs entre les acteurs qui ont besoin de capitaux et ceux qui en disposent. C'est la manière de « capter » ces fonds et de les mettre à disposition qui différencie les institutions financières entre elles. Mais dans les faits, ces institutions (même si elles gardent des appellations identiques) diffèrent généralement selon les périodes et selon les pays : les banques en France aujourd'hui sont très différentes de ce qu'elles étaient dans les années 1900 et une banque de l'espace UEMOA est très différentes des institutions appelées banques aux USA par exemple. Dans ce cadre il apparait plus judicieux de se focaliser sur les fonctions financières plutôt que sur les institutions elles mêmes.





