L'approche monétaire de la balance des paiements (ambp)
L'AMBP est la théorie qui sous-tend l'élaboration des programmes du FMI. Dans cette approche, les déséquilibres de la BP sont mis en relation avec l'excès de création monétaire: le modèle très simple, permet de calculer le montant de crédit compatible avec un objectif fixé de niveau des réserves extérieures. Il repose sur 2 hypothèses:
La stabilité de la demande de monnaie, qui ne dépendrait que des besoins de transaction et correspondrait à une fraction du revenu nominal que les agents économiques souhaitent détenir sous forme liquide.
Remarque :
Stabilité ≠ relation fixe, mais signifie une relation réglée entre ces 2 grandeurs.
Le caractère exogène de l'offre de monnaie, conçue comme résultant d'une décision autonome des autorités monétaires qui fixent le niveau de la composante interne de la base monétaire.
Schéma de détermination logique des variables économiques et financières à court terme (FMI) via l'AMBP
Le modèle de base s'écrit simplement:
Md = kPY (1)
Ms = m(C + R) (2)
P = eP* (3)
Md = Ms (4)
B = ∆R (5)
avec Md: la demande de monnaie; Ms: l'offre de monnaie; P: niveau des prix; Y: revenu national; C: contreparties internes de la base monétaire; R: réserves extérieures nettes; P*: niveau étrangers; B: solde de la balance des paiements; k est l'inverse de la vitesse de circulation-revenu de la monnaie; m est l'inverse du coefficient de réserves appliqué par les banques de second rang.
La première équation: Md = kPY traduit la relation quantitative de la monnaie; la demande de monnaie est stable, proportionnelle au revenu.
L'équation (2): Ms = m(C + R) traduit l'idée que l'offre de monnaie dépend de la contrepartie interne (C) et externe (R) de la base monétaire, par le jeu d'un multiplicateur m (inverse du coefficient de réserve appliqué par les banques du fait d'une réglementation ou du respect des normes prudentielles).
L'équation (3): P = eP* reprend l'hypothèse du prix unique: pour un petit pays, c'est le niveau des prix internationaux qui s'applique, par simple conversion au taux de change en vigueur.
L'équation (4): Md = Ms postule l'existence d'un équilibre sur le marché de la monnaie; et l'équation (5), B = ∆R qui est une simple identité comptable, énonce que le solde de la balance globale des paiements est égal à la variation des réserves de change.
Ceci permet d'écrire la relation souhaitée entre la création de monétaire et le niveau des réserves (en situation de taux de change fixe):
R = (k/m).eP*Y – C (6)
Le niveau des réserves, et donc le solde de la BP, en taux de change fixes et à niveau de revenu fixe (donc à court terme) ne dépend que du niveau de crédit interne accordé par la banque centrale (en supposant fixes les coefficients k et m). Dans cette optique, tout déséquilibre de BP a donc son origine dans un excès d'offre de monnaie.
Il en résulte que toute expansion du crédit intérieur se traduit par une diminution du niveau des avoirs extérieurs nets. Si l'offre de monnaie est supérieure à ce que les agents souhaitent détenir sous forme liquide, l'excédent sera utilisé pour acheter des biens importés (puisque la production, à court terme, est fixe, surtout sous l'hypothèse de plein-emploi) ou pour faire des placements à l'étranger (dans la mesure où le marché financier interne ne permet pas de réaliser de tels placements).
Dans une version plus complexe du modèle, on fait intervenir une demande accrue de biens locaux résultant de l'excès de monnaie, demande qui se traduirait par un processus inflationniste du fait de la fixité de l'offre, et partant par une perte de compétitivité débouchant sur un déséquilibre de la balance commerciale (effets indirects).
Quel que soit le type d'effet retenu, les réserves baisseront jusqu'au moment où le niveau de l'offre de monnaie retrouvera le niveau d'encaisses désirées. Tout déséquilibre extérieur ne serait donc que le symptôme d'un mal profond, d'origine monétaire.
Le rétablissement de l'équilibre de la BP passe donc alors par la réduction du crédit intérieur: crédit à l'Etat et crédit à l'économie.
Dans un premier temps, il sera donc préconiser de réduire le financement monétaire de l'Etat (ce qui élimine aussi un éventuel effet d'éviction du secteur privé de l'accès aux financements), et si cela s'avère insuffisant, de réduire aussi le crédit à l'économie.
Ce dernier objectif peut s'atteindre de diverses manières, soit par plafonnement de la progression des crédits, soit par le jeu du taux d'intérêt: on préconise ainsi fréquemment le rétablissement de taux d'intérêt positifs, dans le double but de réduire le crédit et de stimuler l'épargne, supposée sensible au taux d'intérêt (libéralisation financière).





