Définitions des concepts de base
Définition de l'Épargne
Question: Rechercher différentes définitions de l'Epargne (dictionnaire, cours précédents, internet, etc..) et faites ressortir les caractéristiques communes ou spécifiques à chaque définition ?
Solution :

Plusieurs définitions en fonction du contexte, des utilisateurs, des auteurs etc.
Par exemple :
Le dictionnaire Larousse : l'épargne est « une fraction du revenu individuel ou national qui n'est pas affectée à la consommation »
Pour le dictionnaire Robert, il s'agit « des dépenses affectées à un niveau inférieur aux recettes, en vue de constituer une réserve ».
Point commun : l'épargne est constituée d'une valeur non affectée à la consommation,
Différence : les deux définitions présentées diffèrent toutefois profondément dans l'objectif qu'elles attribuent à l'épargne.
La première définition induit une notion de résidu : l'épargne. C'est ce qui reste quand on a finit de satisfaire ses besoins ; elle réduit l'épargne privée à l'équation suivante :
Épargne monétaire = Revenu disponible – Dépenses
Toutefois, la seconde ne perçoit pas de manière purement négative l'épargne comme le résultant d'une soustraction, mais comme une réserve issue d'une action et voulue.
Cette définition conduit donc à une attitude volontariste dans l'épargne, qui s'inscrit dans un renoncement de l'acteur économique (qu'il s'agisse d'un ménage, d'une entreprise ou d'une administration publique) à la consommation immédiate, en vue d'une finalité.
Ainsi, l'épargne ne se réduit pas à une somme de monnaie non affectée : elle est ajustée à un but, en vue duquel l'acteur économique préfère différer sa consommation immédiate.
On peut même aller plus loin en affirmant que :
Une somme d'argent résultant après consommation ne constitue une épargne que dans la mesure où elle est clairement et volontairement affectée à un but à réaliser dans le futur. Un montant d'argent non orienté n'est pas de l'épargne, c'est un simple résidu de la consommation.
Qui sont les épargnants ?
Il ressort de ce qui précède que tous les acteurs de la théorie financière sont amenés à prendre des décisions dans le but d'épargner :
Les ménages
Les entreprises (privées ou publiques)
Les intermédiaires financiers (banques, assurances, compagnies et institutions financières)
Les gouvernants (États, collectivités locales)
Pourquoi épargne-t-on ?
Les objectifs alloués à la constitution d'une épargne vont différer selon la typologie de l'épargnant :
Les ménages : ils renoncent à consommer la totalité de leur revenu pour investir dans leur logement ou leurs affaires personnelles
Les entreprises : elles épargnent pour réaliser des investissements de production de biens ou de services
Les intermédiaires financiers : ils épargnent pour le financement de besoins propres ou d'investissements
Les gouvernants : ils épargnent pour le financement d'équipements collectifs
La typologie des motifs d'épargne (selon Christian BIALES):
L'épargne d'accumulation
L'épargne pour soi :
investissement immobilier ;
placements financiers ;
thésaurisation.
L'épargne pour autrui :
épargne de "standing social" ;
épargne de legs :
legs involontaires : legs accidentels, legs capitalistes ;
legs volontaires : legs altruistes, legs paternalistes, legs stratégiques.
L'épargne de précaution
L'épargne de précaution par peur de l'incertitude
évolution anticipée de l'inflation (effets d'encaisse réelle) ;
crainte de réduction du revenu ;
crainte du chômage ;
souci quant au niveau de la retraite ;
souci quant à la fin de vie : risque de dépendance, financement de séjours en maison de retraite, ...
souci de l'avenir des enfants et des petits-enfants.
L'épargne de précaution par peur d'illiquidité
contrainte de liquidité en liaison avec l'endettement ;
difficultés anticipées pour emprunter ;
contrainte de liquidité liée à l'évolution attendue du taux de prélèvements obligatoires (comportement néo-ricardien).
L'épargne de prévoyance en vue des dépenses déjà programmées :
L'épargne de spéculation en fonction de l'anticipation
Différer la consommation, c'est renoncer à satisfaire un besoin de consommation immédiat, en vue de le satisfaire plus pleinement ou d'en combler un autre dans un avenir plus ou moins proche.
L'épargne est en cela un renoncement, un effort individuel ou collectif et peut ainsi constituer une attitude culturelle répondant à un rapport particulier au temps :
Les économistes ont d'ailleurs pu identifier pour les ménages une courbe de l'épargne selon l'âge de l'individu où le montant de la réserve fluctue selon les périodes de la vie.
L'épargne des entreprises connaît également une certaine régularité, alternant des phases d'accumulation et de désépargne selon les cycles d'investissement des entreprises.
Enfin, la gestion de la dette publique incite les administrations publiques à respecter un cycle régulier d'épargne.
Comment mesure-t-on l'épargne ?
La mesure de l'épargne dépend des conventions adoptées pour définir le revenu disponible et la consommation (puisque le taux d'épargne est la fraction non consommée du revenu). Par conséquent, la mesure de l'épargne est d'abord différente si, pour tenir compte des services publics destinés aux ménages, on la calcule à partir du "revenu disponible ajusté". Elle peut également être différente si on considère l'acquisition de biens durables comme un investissement, si on traite de manière identique les impôts indirects et les impôts directs, si on considère les fonds de pension comme de l'assurance-vie ou comme de l'assurance-vieillesse, ou encore si on tient compte de l'obsolescence du capital fixe des ménages, ce qui conduit à calculer le taux d'épargne net et non plus brut (net de la consommation de capital fixe), etc.
Cela dit, l'épargne se mesure par des taux.
La comptabilité nationale calcule deux taux d'épargne :
le taux d'épargne brut, qui est le rapport entre l'épargne brute et le revenu disponible brut (non ajusté), et
le taux d'épargne financière, qui est le rapport entre la capacité de financement des ménages et le revenu disponible brut (non ajusté). En analyse macroéconomique, l'épargne donne lieu à la mesure des propensions moyenne et marginale à épargner.
Globalement, l'épargne brute représente la différence entre le PIB et les dépenses de consommation finale (l'ensemble des consommations d'un pays pendant une période donnée).
D'une manière plus précise, il s'agit du revenu national disponible qui n'est pas affecté à la consommation finale, celle des ménages, des entreprises ou des gouvernements. L'épargne brute correspond aussi à la somme des épargnes brutes des différents secteurs institutionnels. Cet indicateur a son utilité du fait qu'il nous renseigne sur la capacité d'un pays à débloquer ses propres capitaux pour les investissements ; autrement dit, la non dépendance vis-à-vis des capitaux étrangers.
A ce titre, l'épargne peut prendre diverses formes et se baser sur différents supports correspondant aux finalités spécifiques poursuivies par les acteurs économiques





