Leçon 1 : Généralités sur la planification stratégique

Les outils usuels de la planification

Son élaboration se réalise à partir de la méthode de planification par objectifs ou méthode ZOPP, avec une adaptation au contexte particulier des objectifs recherchés par la structure en question.

Cette méthode de planification participative regroupe au cours d'un atelier de planification l'ensemble des acteurs du développement de la structure ou du milieu, autour d'un modérateur qualifié dans le processus d'élaboration du plan.

Les résultats obtenus sont ensuite présentés aux acteurs /populations afin de leur permettre de mieux connaître les objectifs et les actions prévues pour répondre aux différentes préoccupations identifiées.

La Planification s'appuie fortement sur le cadre logique

Cadre Logique/ Matrice de Planification

Historique, définition et contenu

Le cadre logique est une démarche systématique permettant d'arriver à une formulation précise et une compréhension uniforme d'un projet/programme. Il combine deux approches complémentaires :

  • Approche systémique par le choix de ses éléments et l'importance accordée à la cohérence de leurs relations.

  • Approche prospective car il cherche à prévoir et à gérer l'incertitude de l'environnement.

Le cadre logique a été élaboré en 1969 par des spécialistes de Practical Concepts Inc. (PCI) aux Etats Unis d'Amérique pour le compte de l'agence américaine d'aide internationale (USAID). Ses concepteurs le définissent comme suit :

<< Un ensemble de concepts reliés les uns aux autres et qui doivent être utilisés concurremment et de façon dynamique pour permettre l'élaboration d'un projet bien conçu, décrit en termes d'objectifs et dont on pourra subséquemment évaluer les résultats>>.

Le cadre logique trouve son origine dans divers contrats de gestion contemporaine. En effet, il s'inspire, par exemple de la gestion axée sur les résultats car il oriente l'attention et les efforts des partenaires vers l'atteinte de résultats précis à court, moyen et long termes plutôt que sur les processus ou la conformité à un plan d'actions prédéterminé.

Il inclut aussi la notion de contrat puisqu'il impose de spécifier les biens livrables, les circonstances qui pourraient constituer des cas de << force majeure>> et surtout, il implique un accord des partenaires sur le but à atteindre par l'entremise des biens livrables.

Le cadre logique s'inspire aussi de l'analyse systémique puisqu'il permet d'inclure le projet dans son environnement.

Il permet une compréhension plus globale du projet et facilite ainsi l'identification d'intervenants externes importants.

Enfin, il s'inspire aussi des théories scientifiques ou l'on perçoit le projet comme une expérience unique qui doit permettre une certaine forme d'apprentissage.

Cette incertitude est donc prise en compte par le cadre logique par le fait qu'il favorise les modifications et en contribuant ainsi à la << mémoire>> du projet.

Le cadre logique est utilisé depuis plusieurs années par de nombreuses organisations internationales dont la Banque Mondiale, l'Union Européenne, l'Agence canadienne de Développement Internationale (ACDI), etc.

Chacune de ces organisations préconise l'utilisation de cet outil avec cependant quelques variantes mineures qui n'affectent que très peu la logique intrinsèque.

Le cadre logique et le cadran des 7 questions

L'utilisation de cet instrument vise à faciliter l'abordage du cadre logique en planification.

Pour bien cerner un projet, on se pose généralement plusieurs types de questions. Ce sont les réponses aux questions dans le cadre du << brainstorming>> qui permettent d'alimenter les réflexions, de mieux comprendre le projet en question et de s'acheminer avec davantage d'assurance vers la construction du cadre logique du projet.

Ce questionnement pourrait se résumer ainsi :

  1. Pourquoi changer la situation qui prévaut ? Pourquoi réaliser ce projet ?...

  2. En quoi consiste l'intervention souhaitée ? En quoi consiste le projet ?

  3. A qui est destinée l'intervention ? A qui profite le projet (bénéficiaires, clients) ?

  4. Comment va se réaliser le projet ? Comment sera-t-il organisé ?

  5. Qui va intervenir ? Qui va réaliser le projet ? Qui fait Quoi ?

  6. Quand doit-on réaliser le projet ? Quand doit-on réaliser cette activité ou tâche ?

  7. Combien va coûter le projet ? Combien coûtent les ressources nécessaires ?

A chaque question correspond une/des réponse spécifique/s. ces réponses apportées permettent de situer plus aisément les paramètres traités dans la cellule correspondante du cadre logique. Par exemple, la question du pourquoi du projet revient à s'interroger sur les objectifs visés par ce dernier.

Avantages et inconvénients du cadre logique

Avantages du cadre logique:

  • Permet de décrire de façon claire l'ensemble des éléments essentiels d'un projet,

  • C'est une méthode facile à apprendre,

  • Il présente simplement toute l'information disponible et nécessaire,

  • Il est utile dans toutes les étapes du cycle de projet,

  • Il s'agit d'une méthode éprouvée (utilisée depuis plusieurs années par de nombreux organismes internationaux),

  • Assure une analyse systémique,

  • Facilite la communication entre les intervenants (notamment les bailleurs de fonds et les gouvernements),

  • Assure une certaine pérennité du projet lors du transfert du personnel,

  • Permet les comparaisons (et évaluations),

  • Il évolue avec le projet et constitue une certaine mémoire s'il est conservé,

  • Il engendre un sentiment d'appartenance chez les intervenants et un engagement vers (l'auto évaluation continue du rendement).

Limites du cadre logique :

  • Ne se substitue pas aux autres méthodes d'analyse (marché, technique, économique,...)

  • Ne remplace pas dans un projet les qualifications et l'expertise professionnelle dans les spécialités impliquées,

  • Il est moins adapté à certaines étapes du cycle de projet (niveau de détail insuffisant pour l'exécution et le suivi du projet),

  • Il peut engendrer une certaine rigidité si l'on met trop d'emphase sur les facteurs externes (pour l'éviter, le réviser régulièrement),

  • Il n'est qu'un outil et ne peut se substituer aux autres outils.

ExempleExemples de cadre logique :

Tableau 3 : Cadre logique type Union Européenne

Logique d'intervention

Indicateurs Objectivement vérifiables

Sources de vérification

Hypothèses

Objectif global

Objectif spécifique

résultats

activités

Moyens :

Coûts :

Conditions préalables :

Cadre logique adopté dans le cadre de ce module

Etude de cas : construction d'une route Gagnoa/ Sassandra

Elaborer le cadre logique de ce projet

Matrice d'actions

Tableau 4 : Matrice de plan d'action sectoriel

Intérêt

La matrice d'actions est une méthode de structuration de l'ensemble des activités d'une structure ou d'un milieu qui permet de cerner la logique d'intervention et la contribution des acteurs en présence. Le regroupement des différents aspects des activités de la structure concernée en un tableau synthétique facilite la lecture et améliore la compréhension.

Contenu

La matrice d'actions a un contenu variable en fonction des utilisateurs et des objectifs poursuivis. Le fond commun est la démarche logique qui permet de poser les problèmes de la structure ou du milieu, de définir les objectifs, les stratégies d'actions, les mesures et actions à mettre en œuvre, les indicateurs de contrôle, le calendrier de mise en œuvre, les structures responsables des actions, les résultats attendus et toutes autres informations jugées utiles pour la compréhension de la mission.

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